LES ENVIRONS DE LA POINTE DU GROUIN DU COU



EN VENANT DE LA COMMUNE DE LONGEVILLE

Du Nord au Sud, la côte, magnifique "cordon dunaire", s'étend sur 5 km et s'étire de Longeville à la pointe du Grouin du Cou. Elle longe la forêt domaniale. Sur les cartes maritimes du XVIème siècle, cette côte se dénommait "Grande Parée ou Conche de Saint-Vincent". Les habitants l'appelaient la "basse côtée".

Carte maritime du XVI ème siècle
Carte maritime du XVI ème siècle : La Conche de Saint-Vincent, la pointe du Grouin du cou

Des activités touristiques sont installées le long de cette côte ainsi que des activités sportives (surf, kite surf…). Ces très belles plages, plutôt sauvages, sont bien fréquentées l'été. Entre les Conches et La Terrière, la vague réputée "Bud Bud" est très connue et courue (46° 23.673' N, 1° 30.699' W). La pêche à pied se pratique également le long de cette côte.

A LA TERRIERE

La plage de la Terrière est une des plus grandes de la commune, et offre, en toute saison, de nombreuses occupations.

La plage de La Terrière vers Longeville
La plage de La Terrière vers Longeville

A marée basse, la plage se transforme pour accueillir de nombreux chars à voile qui se suivent ou qui enchainent les boucles sur le sable. Ce sport est idéal pour les amateurs de sensations fortes et les sportifs, sous réserve d'un vent assez soutenu.

Hors saison, on croise surtout des promeneurs à pied, à cheval, des rêveurs, des photographes... A l'occasion des grandes marées, de nombreux pêcheurs à pied y cherchent fortune. A marée basse, on ratisse le sable à la recherche des tellines.

Les activités sportives s'installent l'été. Baignades, stages de char, mais aussi de surf : La plage est appréciée à cause de ses vagues que les baigneurs aiment défier.


A LA POINTE DU GROUIN DU COU

DES VESTIGES HISTORIQUES

Le livre "La Tranche-sur-Mer avant notre ère" par Michel BOIRAL et Roger JOUSSAUMELe 25 Février 1974, à l’occasion d’une marée basse de grand coefficient, on a découvert, à la Pointe du Grouin-du-Cou, face au phare des Baleines, des vestiges préhistoriques. Il s’agissait de poteries, de silex, de morceaux de charbon de bois et du matériel osseux.

La surveillance de l’estran a permis la découverte d’autres sites, notamment aux Grandes Loges (tessons décorés) et aux Générelles (tessons du premier âge de fer) en mars 1979 et à la République en mai 1980. (Roger JOUSSAUME et Michel BOIRAL. Société préhistorique Française 1986).


Vestiges préhistoriques identifiés à la pointe du Grouin du Cou par Michel Boiral
La Tranche-sur-Mer avant notre ère
datations au Carbone 14 effectuées sur le littoral
Michel BOIRAL et Roger JOUSSAUME

Ces découvertes témoignent qu’au Néolithique Ancien et  à la fin du 6ème millénaire avant J.C une présence humaine était installée là.

A l’occasion d’une conférence, en juin 2000, Michel BOIRAL, au vu de ces découvertes, a déclaré que les premiers habitants étaient surement des colons venus d’Asie Mineure et des Balkans. Il a également répertorié, à la Pointe du Grouin du Cou, des sites du néolithique moyen, du néolithique récent, de l’âge du cuivre, de l’âge du bronze et de l’âge du fer. Nul doute, d’après lui, que des vestiges des premiers siècles de notre ère et du Moyen-Âge restent encore enfouis dans le sable.


UN SITE NATUREL

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 Carte postale de 1919 de la Pointe du Grouin du Cou
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La Pointe du Grouin du Cou © ATPA-2016

La Pointe du Grouin du Cou est un site naturel qui présente un bel attrait pour les vacanciers de passage dans la région, des milieux très riches et divers peuvent y être observés :

  • Sur la terre, les hommes profitent des marées pour y pratiquer la pêche-à-pied amateur, en capturant poissons, crustacées et gastéropodes pour leur propre consommation. A marée basse les amateurs de crabes, crevettes et coquillages sont nombreux sur l'estran (Etrilles, huîtres, moules, palourdes, berniques, couteaux, pétoncles, coques, praires, tellines).
  • Dans l’eau, vit une faune marine variée (bivalves, crustacés et gastéropodes),
  • Dans les airs, les oiseaux se partagent la mer et l’estran, pourvoyeurs de nourriture variée.

UNE ECLUSE RESTAUREE

Sur le platier rocheux, la restauration d'une écluse à poissons a été mené jusqu'à son terme en 2016. Rebaptisée "La Caloge", elle a été construite sur les vestiges d'une des nombreuses anciennes. (8 écluses étaient ainsi exploitées jusqu'en 1960 dont 4 à la pointe du Grouin du Cou, 1 à la Pointe de la République et 1 écluse à la Pointe du Chiquet, un peu plus loin).

coucher de soleil sur l'écluse à poissons
 Coucher de soleil sur l'écluse à poissons
L'écluse vue par Google
L'écluse vue par Google

Pour s'y rendre, il faut emprunter l'Allée du Corps de Garde, puis la rue du Grouin du Cou. Au fond de cette rue en impasse (le parking est réservé aux handicapés) vous avez accès à la plage et à l'Ecluse. Le plus commode est d'y aller à vélo.


LES OISEAUX DE LA POINTE

Pour le promeneur, la Pointe du Grouin du Cou est l'occasion rêvée d'observer des oiseaux de mer : Fou de Bassan, Plongeons, Grèbes, Harles, Puffins et sur la plage, suivant la saison, des limicoles et des passereaux en migration.

Les Bernaches cravants se déplacent en longues rangées. Les macreuses brunes et noires plongent à la recherche de nourriture. Autrefois, à cet endroit, elles étaient chassées à l'aide de filets tendus sous l'eau, afin de passer à la casserole... Retenues dans les filets, elles mourraient noyées. Un rite ancestral barbare.

L'Eider à duvet est un excellent plongeur qui mange des crustacés et des coquillages. Losqu'un Eider est signalé, c'est l'arrivée imminente et assurée de nombreux photographes animaliers.


Mais il y a aussi le fuligule milouin, le gravelot, qui fréquentent les plages de sable, le bécasseau sanderling, petit limicole qui sautille sur les plages de sable, le tournepierre à collier. Enfin d'autres oiseaux comme le goéland argenté, la mouette rieuse, la mouette de Sabine, mais aussi les Sternes artique et pierregarin et le grand cormoran fréquentent cet endroit.


becasseau sanderling  
Bécasseau sanderllng © Gérard Mignard  
tournepierre a collier  
Tournepierre à collier © Gérard Mathieu  

Enfin, depuis la dune, le chant du pipit rousseline se fait entendre au printemps. N'oublions pas le milan noir qui plane au dessus des bois ni le chant de l’engoulevent d’Europe.

LA FAUNE MARINE

La côte autour de la Pointe du Grouin du Cou est variée : rochers, sable fin ou platier (plateau) vaseux. Les conditions sont donc réunies pour avoir une très grande diversité d'animaux vivants dans la mer. L'estran offre des habitats très riches, les "banches" constituent des lieux de vie pour une faune marine variée (bivalves, crustacés, gastéropodes, poissons, anémones, anélides...)

Les cueilleurs de fossiles trouvent aussi des ammonites et des rostres de bélemnites, venus du fond des âges.

ammonite
 Ammonite de la Pointe du Grouin du Cou
belemnite
Rostre de belemnites à la Pointe du Grouin du Cou

On peut, aussi, trouver, par exemple, des étoiles de mer dans les mares à marée basse, des ophiures dans le sable et parmi les rochers. On peut pêcher des seiches et des calmars et, bien entendu, des méduses communes. Mais on peut aussi voir ou photographier, au large, des tortues luth, qui figurent sur la liste des espèces en voie de disparition.

Enfin, vous verrez des Actinies rouges et des vers marins comme l' Arénicole, l'Eulalie, la Néréide de sable et les Hermelles qui ont colonisé les portes de l'écluse à poissons.


AVANT LE PHARE

A la pointe du Grouin du Cou, et, suivant les marées vous pouvez croiser les vestiges d'un ancien corps de garde. Une description plus détaillée, figure à cette adresse.

LE CORPS DE GARDE

Jusqu’au XVIII° siècle, le Corps de Garde abritait les canonniers garde-côtes de la Batterie impériale du Grouin, qui devaient protéger le bourg de l’attaque des pirates et des Anglais, avec qui la France était en guerre.

hoto du Corps de garde en 1917 à la Terrière  
Photo de la cabane des douaniers en 1917 à la Terrière  
corps de garde  
Photo des ruines du Corps de Garde en 2016  

PLUS LOIN, LE PHARE DE LA TRANCHE

pharePlus loin, on peut apercevoir le phare de La Tranche-sur-Mer qui indique l'entrée du Pertuis Breton. Il a pour but de signaler cette côte calcaire et de marquer l’entrée du Pertuis Breton (bras de mer entre la côte et l’île de Ré de 18 km à cet endroit) avec le phare des Baleines situé de l'autre côté, à l'extrémité de l'île de Ré.

Aujourd'hui, il disparait partiellement au milieu des maisons secondaires toutes blanches et des caravanes.

Une description plus historique, plus détaillée, figure dans cet article


APRES LE PHARE

Après le Phare, les plages, assez fréquentées en été mais aussi hors saison, se présentent, dans leur partie basse, sous l'aspect d'une partie rocheuse et, dans leur partie haute, de sable et de galets. Elles ont conservé leur caractère sauvage. On y croise quelques constructions (clôtures, ganivelles, accès à la plage…) et deux vestiges d'anciens blockhaus.

Vestiges d'anciens blaukhaus  
Vestiges d'anciens blockhaus  
Vestiges d'anciens blaukhaus sur la plage  
Vestiges d'anciens blockhaus  

 

 

 

Site des photographes tranchais © ATPA