L'ÎLE D'ELLE ET LA TAILLEE

MERCREDI 12 SEPTEMBRE 2018

La TailléeNous étions 24, ce matin-là, sous un soleil radieux, pour nous rendre à la lisière des marais desséché et Marais mouillé, à partir de l’Île d’Elle

Nous y avons été accueillis par Jean-Guy BLUTEAU, guide officiel de la région, un puits de science et d’anecdotes aussi intéressantes qu’amusantes.

Après une balade de 500m le long de la rivière Vendée, nous sommes arrivés devant les écluses du « Gouffre ». Son nom peut, nous dit Jean-Guy, avoir deux significations : lors des crues des rivières, l’eau s’y engouffrait en force, jusqu’à inonder les communes environnantes, et la construction des écluses du Gouffre, qui régulent le flux de la Vendée, a été un vrai gouffre financier dès le XVIIème siècle.


vendee


Îlot le plus élevé dans le Golfe des Pictons, l'Ile d'Elle a pu profiter, grâce à ces travaux, du dessèchement progressif de la région et de sa position particulière, entre Fontenay et la Rochelle, pour se développer. Dressé au milieu des marais environnants, avec les rivières Vendée et Sèvre Niortaise, il offre un cadre exceptionnel à nos yeux de promeneurs et de photographes.

Le gouffre de L'Île-d'Elle est un défi technologique impressionnant : il fallait faire circuler deux eaux sans les mélanger : celle de la rivière Vendée, canalisée et navigable, au-dessus, et celle du canal de Vix, pour évacuer l'eau d'un marais situé en amont, par dessous.

Un important syndicat de dessèchement avait été constitué dans les marais de Vix, en amont, avec l'argent de plusieurs entrepreneurs. Ce travail de grande ampleur supposait des connaissances scientifiques nouvelles apportées par l'élite scientifique et technique des savants de l'époque. Ensuite, ce nœud hydraulique du Marais a été entretenu et amélioré constamment jusqu'au début du XXe siècle.

Plusieurs ouvrages se succèdent ici :

Les écluses de la Boule d’Or datant de 1960, elles partagent en période de crue 1/3 de l’eau vers le canal des Cinq Abbés et 2/3 vers le gouffre de l’Ile d’Elle, en direction de la Sèvre Niortaise.


Les écluses de la Boule d’Or


Cet ouvrage, construit en 1663, est bâti en pierre, sur des pilotis en bois de chêne fichés dans le sol marécageux. L’écluse permettait le passage des bateaux entre la Vendée, qui n’est plus navigable, et la Sèvre Niortaise qu’elle rejoint ici.


Les écluses de la Boule d’Or Datent de 1960


Les écluses constituent un véritable paradis pour les poissons grâce à la réserve mise en place de chaque côté et à la passe à civelle.

La passe à civelles. Cette structure permet aux civelles (les petites anguilles qui furent, longtemps, données aux cochons avant de devenir un mets rare, recherché et coûteux) de franchir le barrage en le remontant grâce aux brosses piquées à l’envers. Longtemps considérée comme un poisson mystérieux, l’anguille est aujourd’hui menacée de disparition par la surpêche des civelles dans la Baie de l’Aiguillon...


La passe à civelles


De chaque côté, les jardins, typiques du marais mouillé, se situent au bord des canaux pour faciliter leur irrigation. Ils ont la particularité de ne pas être attenants aux maisons : pour ne pas être inondées, elles sont bâties sur les hauteurs calcaires.

De là, nous nous rendons à La Taillée, au Gué de Velluire

La Taillée, village important à la fin du XIXème siècle, a su tirer parti de son environnement, même si le marais bocager originel a laissé place à un territoire entre plaine et marais, débordant de verdure et de murets de pierres, délimitant les champs.

Quant au Gué de Velluire, situé au carrefour d'une voie romaine, il doit son nom à sa traversée de la rivière Vendée par un gué.

Jean-Guy nous propose une jolie balade du côté du canal de Gressaudes. Creusé en 1983, il permet d’acheminer le surplus d’eau de la rivière Vendée vers le canal des Cinq abbés. En le longeant, Jean-Guy nous fait remarquer les roseaux qui constituaient auparavant les toits des cabanes du marais. 

Un joli sentier pénètre dans un curieux petit bois, qui existe encore : Le Bois des Laves, entre marais desséché et marais mouillé. C’est le dernier bois inondable en hiver du canton. Plus bas que le communal, il a été aménagé en «terrée» : un bois constitué de fossés et de conches (petits canaux), et planté de frênes taillés en têtards.


Le bois des laves


LE FRENE "TÊTARD"

La taille en «têtard» consiste à couper la tête d’un arbre pour l’inciter à fournir de nombreuses branches, afin d’en faire du bois de chauffage. Il servait également à maintenir les berges. En fait, la hauteur de la taille correspondait à la hauteur du coupeur dans sa barque, le pointu qui permettait de se déplacer dans le marais !


le frene tétard


Nous y admirons des iris des marais, les seuls iris jaunes du marais. On le trouve régulièrement en bordure des fossés, dans tout le marais breton-vendéen ou poitevin. Le bétail ne le broute pas car il est vénéneux.

Il est l’heure de déjeuner : nous avons rendez-vous au restaurant le Guétréen, le long de la rivière (7 Rue de la Rivière Vendée, 85770 Le Gué-de-Velluire). Le repas, délicieux, nous donne des forces pour continuer nos visites.

Nous allons voir une curiosité unique dans le Sud-Vendée : l’ancienne forge de la Taillée, sauvegardée de la destruction et restaurée par trois passionnés, dont « notre » Jean-Guy, qui ont su convaincre la municipalité de l’intérêt de leur démarche. Notre guide est donc tout indiqué pour une heure d’histoire, d’anecdotes et de technique, aucun des instruments, authentiques, de la forge ne lui étant étranger.

L’enclume, le soufflet, le dail et le charme ce lieu originel nous ont transportés dans une autre époque où il faisait bon vivre si on n’était pas paresseux !

Durant la journée, 2 exercices photos nous étaient proposés, aidés de quelques explications de notre président

Exercice 1 : Le cadrage en coin

C’est un cadrage coupé.

Il consiste à placer le morceau de sujet que l’on décide de conserver dans un angle du cadre. Concrètement, le morceau ce sujet touche un angle et les deux bords du cadre, mais pas les trois autres angles.

Le sujet était laissé à notre choix.

Exercice 2 : la chasse aux matières

Il faut exploiter les textures. Pour réaliser cette photo, demandons-nous où nous pourrions trouver un sujet poilu, texturé, plissé, granuleux, rouillé, ridé, écaillé, luisant… Il fallait photographier la texture plein cadre.


textures   textures 2

Enfin, charmés et fourbus, nous avons rejoint nos pénates en fin d’après-midi, mais ces coins sont beaux, et nous y reviendrons volontiers !


Tous les membres de l'ATPA à la sortie de l'Île d Elle

Site des photographes tranchais © ATPA