BALADE A ESNANDES

MERCREDI 2 DECEMBRE 2015

Ce mercredi, nous étions 15 à nous retrouver sur la Place de l’Église d’Esnandes, sous un soleil magnifique. Héloïse Viaud, conservatrice de la Maison du Marais Poitevin, nous y attend pour deux visites aussi intéressantes l’une que l’autre.

L’EGLISE FORTIFIEE SAINT MARTIN D'ESNANDES

Construite au XIIème siècle et fortifiée au XIVème siècle, cette église est classée Monument Historique en 1840. Forteresse à l’extérieur, lieu de culte à l’intérieur, elle nous étonne par son architecture massive.

Après une longue ascension de la tour par l’escalier en colimaçon, nous nous promenons sur le chemin de ronde à créneaux et archères, d’où l’on tirait à l’arc ou à l’arbalète sur l’assaillant… de là, nous admirons l'étonnante vue sur la ville, le Marais poitevin et la Baie de l’Aiguillon, pendant qu’Héloïse nous explique l’histoire de l’église.

vue du toit de l'église d'Esnandes
la vue sur la ville, le Marais poitevin et la Baie de l’Aiguillon

Comme Esnandes est un village côtier, il a été longtemps exposé aux dangers venus de la mer. Pendant la guerre de Cent Ans, l’armée anglaise pouvait débarquer sur la côte pour s’emparer ensuite de la Rochelle. L’église d’Esnandes est alors fortifiée pour faire face à ces assauts.

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Gargouille de l'église   Gargouille de l'église 2   Modillon   Gargouille de l'église 3

Lors des guerres de religion, elle est partiellement détruite par les Protestants, puis rénovée au XVIIème siècle, après le siège de la Rochelle de 1628.
Dès 1880, les travaux de restauration débutent, les éléments défensifs sont restitués. Les fenêtres sont percées et refaites dans le style néogothique que nous admirons, revenus au sol.

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L'intérieur de l'église fortifiée. Cliquez sur les photos

L’intérieur est vaste, haut et lumineux. De nombreux ex-voto témoignent des caprices de la mer : voiliers pendus au plafond ou tableaux de tempêtes océanes…
Le mobilier, du XVIIIe siècle, qui est classé, est composé de bancs fermés par des portillons au nom de chaque famille. Ils étaient loués à vie, et chaque banc avait une valeur en fonction de sa position dans l’église. Le prêche du curé étant fait depuis la chaire, les bancs du fond de l’église avaient plus de valeur que ceux de l’avant, car pour ceux-ci il fallait se retourner pour voir le curé.
La chaire date de 1775. Face à elle, le banc d’œuvre accueillait les présidents de la Fabrique, (une association de laïcs qui a géré les dons faits à l’église jusqu’en 1905). Le retable, de 1716, œuvre d’un artisan rochelais, représente la Transfiguration.

Lorsque nous sortons, nous profitons du soleil pour faire le tour de l'église et mieux comprendre ses modifications en forteresse. Agrandie sur un plan rectangulaire aux XIVe et XVe siècles, elle est alors pourvue sur son pourtour de murs épais (3,85m nous dit Heloïse), surmontés du chemin de ronde que nous avons parcouru. Elle a conservé sa belle façade romane du XIIe à frise sculptée. Au-dessus d'un riche portail, court une corniche soutenue par d'amusantes consoles, les modillons, qui représentent des têtes grimaçantes d'hommes ou d'animaux. Ces modillons sont séparés par des bas-reliefs, les métopes, décorés de signes astrologiques : évidemment, chacun cherche le sien !

En continuant le tour de l'église, d'en bas, on voit mieux les bretèches qui la renforcent sur 3 côtés, (des logettes en encorbellement au sol percé pour tirer en vertical), les tourelles d'angle, les gargouilles fantastiques et, sur le la façade Est, le clocher-porche qui faisait aussi office de donjon surmonté de ses mâchicoulis bien militaires, tous éléments qui s'apparentent plus au château-fort qu'à une église.
Quelques photos plus tard, nous quittons l'édifice pour la deuxième partie de la visite;


LE MUSEE DE LA MYTILICULTURE, EN FACE DE L'EGLISE

La mytiliculture, c’est la culture des moules. A Esnandes, cette activité est présente depuis, au moins, le XVème siècle.
Nous commençons par voir la projection du film « Entre ciel et mer » réalisé par Philippe Garguil, qui présente la Baie de l’Aiguillon. Zone littorale du Marais poitevin, importante zone migratoire, écosystème de la vasière, nous comprenons pourquoi ce territoire est propice à la mytiliculture.

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Le Musée de la mytiliculture

Puis nous continuons la visite par les autres salles du musée : des supports tactiles, vidéo et interactifs nous racontent comment les moules arrivent dans notre assiette.
D’abord, la présentation du coquillage. Puis des maquettes expliquent les deux méthodes utilisées pour « La Charron » : les bouchots et les filières.
Petits films, panneaux, bandes dessinées et photos détaillent les étapes du travail du boucholeur ancien au mytiliculteur de nos jours.
Et la dernière partie présente les outils utilisés autrefois, comme l’accon, une simple caisse qu’on fait glisser sur la vase à marée basse, de quoi bien évaluer les progrès techniques !


LA POINTE SAINT CLEMENT ET SES CARRELETS

A la sortie, nous filons à la Pointe St Clément, où nous voyons deux carrelets. Ce nom désigne à la fois le filet suspendu à un mât par un système de poulies et les cabanes sur pilotis, où l'amateur attend, bien installé, poissons, crustacés et coquillages. Dans ce lieu qui devient magique au coucher du soleil, il bénéficie de la combinaison de l’eau salée de l’océan et de l’eau douce en provenance du Marais poitevin. 

La Pointe St Clément et ses carrelets   La Pointe St Clément et ses carrelets   La Pointe St Clément et ses carrelets   La Pointe St Clément et ses carrelets
    La Pointe St Clément et ses carrelets. Cliquez sur les photos

L’un des deux est un carrelet pédagogique dont l’association Esnandis est gestionnaire et qu’on peut louer. Il est composé d’une passerelle d’accès et d’une cabane, où l’on trouve du petit matériel de pêche : nous nous promettons bien d’y revenir !


Ont participé à l'article au travers de leurs photos, Liliane, Max, Michel, Marie-France, Michel et Michel. Textes de Marie-France.

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