MAIS C'EST QUOI CET HISTOGRAMME ?


Histogramme d'un appareil photo : définition, utilitéL'histogramme est un outil utile pour le photographe qui peut l’utiliser d’abord sur l'écran de son appareil lorsqu’il revoit ses images, puis sur son ordinateur lors du post-traitement.

DEFINITION

«Représentation graphique des classes d'une variable statistique, associant à chaque classe un rectangle proportionnel par sa longueur à l'amplitude, par sa hauteur à l'effectif de cette classe.»

C’est la définition scientifique et mathématique ; vous savez, les barres verticales ou horizontales placées dans un repère « orthonormé », les tableurs, les schémas…

Description d'un histogramme photo : répartition des pixels de l'image   Description d'un histogramme d'un appareil Canon : répartition des pixels de l'image
 Histogramme théorique    Histogramme affiché par un appareil (Canon)

En matière de photographie, l’histogramme est une représentation graphique de la luminosité (c’est la variable) des pixels d'une photographie. Le repère est constitué d’un axe des abscisses (horizontal) qui indique la luminosité (sombre à gauche, lumineux à droite) et d’un axe des ordonnées (vertical) qui affiche le nombre de pixels pour chaque valeur de luminosité (la variable). Concrètement, c’est un graphique qu’il est assez facile d’appréhender dans sa globalité, je confirme : dans sa globalité. Notez que chaque image à un histogramme unique.


MAIS A QUOI SERT-IL ?

LORSQUE VOUS UTILISEZ VOTRE APPAREIL

Lorsque vous utilisez votre appareil et que vous prenez une photo, l’histogramme sert tout simplement à vérifier (tout de suite) qu’elle est correctement exposée en visualisant comment se distribuent (se répartissent) les tons clairs et foncés de votre cliché. Il fournit une représentation immédiate de la gamme des tons et du contraste de l’image.

Notez que cet outil se révèle indispensable en cas de forte lumière car il sera visible alors que l’écran en plein soleil sera difficilement lisible.

Les trois cas : image sous-exposée, bien exposée et sur-exposée

Si l’image est trop foncée, les détails sont plus nombreux dans les tons foncés (la courbe est décalée à gauche). Autrement dit, plus la surface de l'histogramme est importante vers la gauche, plus la photo est noire. Bien décalée, elle est sous-exposée. Contre le bord, elle est fortement sous-exposée et elle manquera d’informations relatives aux tons foncés, les détails d’ombre seront perdus.

A l’inverse, si l’image est trop claire, les détails sont concentrés dans les tons clairs (la courbe est décalée à droite). Autrement dit, plus la surface de l'histogramme est importante vers la droite, plus la photo est claire. Bien décalée, elle est fortement sur-exposée et elle manquera d’informations dans les tons clairs, les détails en haute lumière sont perdus

Dans les deux cas, On dit que les pixels sont « écrêtés ». La photo est à refaire avec d’autres réglages.

Toutes la variantes sont possibles, mais je vous propose de repérer uniquement les décalages importants (gauche ou droite). Dans ce cas, il faut intervenir au niveau de la correction d’exposition et refaire la photo (si l’on peut).

fiche bonne exposition
Correction négative à gauche et positive à droite

Pour la correction, on tourne la molette ou le joystick vers la droite pour recentrer l’histogramme d’une photo sous-exposée qui va donc s’éclaicir (+1,+1 1/3… c’est une correction positive) et vive-versa (-1 2/3, -1 1/3, -1… c’est une correction négative), l’image va s’assombrir.

COMMENT LIRE L'HISTOGRAMME ?

Description d'un histogramme photo : image sombre   Description d'un histogramme photo : image normale   Description d'un histogramme photo : image claire
Photo sous-exposée (trop foncée)   Photo bien exposée (répartition correcte)   Photo sur-exposée (trop claire)

Enfin, lorsque la photo montre une gamme de tons complète, c’est que les pixels sont répartis dans toutes les gammes de tons. Il ya une forte probabilité pour que la photo soit bien exposée. En règle générale, pour une bonne image, l'histogramme est équilibré. 

POUR ALLER PLUS LOIN :

Une image est composée de pixels  plus ou moins lumineux sur une échelle allant de 0 à 255 (0, il est tout noir ; 255 : il est tout blanc). Chaque pixel prend une valeur entre 0 et 255. Le critère de classement est la luminosité du pixel.

Le calculateur de l’appareil va compter les pixels pour chacune des valeurs possibles (de 1 en 1). L’histogramme calculé et affiché représentera, sur l'axe horizontal, les valeurs de luminosité de 0 à 255 (noir vers le blanc) et, sur l'axe vertical, le nombre de pixels pour chaque valeur.

Le plus souvent, l’histogramme représente les pixels en fonction de leur lumière, mais on peut aussi afficher les valeurs de lumière en fonction de la couleur et plus précisément du rouge, du vert et du bleu (RVB). L’affichage comporte en général 4 histogrammes : rouge, vert et bleu (RVB) et la somme (Souvent l’affichage RVB n’est pas affiché par défaut. Il faut alors le configurer dans le menu).

Cette visualisation rapide permet donc de voir si la photo est bien exposée, sur-exposée ou sous-exposée et de procéder, sur place, aux corrections nécessaires et de refaire éventuellement la photo.

Sinon, la ou les corrections seront effectuées en post-production, mais, c’est beaucoup plus aléatoire et pas trop conventionnel. « Right first time » comme on dit !


L’UTILISER RAPIDEMENT SUR LE TERRAIN

Avant de partir sur le terrain, lors du paramétrage de votre boitier (revoir aussi la check-list d’une sortie), je vous propose d’aller dans votre menu et d’opter pour un affichage systématique de l’histogramme (C’est le plus souvent la touche « INFO » ou « DISP »).

A la prise de vue, si vous constatez que votre histogramme est décalé, corrigez l’exposition  et refaite la photo. Si vous ne pouvez pas la corriger, vous pourrez retravailler plus finement l’image en post-traitement car vous avez évidemment photographié en RAW. Mais c’est plus aléatoire comme je l’ai déjà dit plus haut.

Si on fait maintenant la comparaison avec notre ancien appareil, on peut affirmer que cette fonction est un « vrai plus » car avec l’argentique, il fallait attendre le retour des photos du tirage pour juger de la bonne exposition. Mais si on développait sa pellicule, on pouvait alors l’examiner sur un écran lumineux et faire les mêmes constatations : trop claire, trop foncée… Ou on corrigeait au tirage ou il fallait repartir sur place pour une autre séance…

Avec l’appareil numérique, la prise de décision est immédiate.


EXPOSEZ DONC A DROITE POUR VOIR « Expose right »

Un fichier numérique est composé de trois couches, R (rouge), V (vert) et B (bleu). Un fichier RAW est codé en 12 ou 14 bits par couche, alors qu’un fichier JPEG est codé en 8 bits par couche. Cela veut dire que le nombre de données enregistrées est lié à ce « codage ». 

Il faut savoir que 50% des informations du capteur sont consacrées aux hautes lumières, la moitié des 50% restants aux tons moyens, puis 50% de 50% aux suivantes…etc. On a donc beaucoup d’informations dans les hautes lumières et presque rien dans les basses lumières.

Histogramme d'une photo   a droite
Histogramme original   Histogramme décalé à droite

Concrètement, en procédant à ce décalage, il sera plus facile de garder des détails dans les hautes lumières que dans les ombres. Je vous propose donc de tester « cette exposition à droite » (décaler l’histogramme à droite), sachant qu’il sera alors nécessaire de photographier en .RAW et de passer par un post-traitement.

Comment faire à la prise de vue : exposer à droite n’est pas synonyme de "cramer" les blancs (l’alerte de surexposition vous l’indiquera en clignotant). Il faut donc une zone importante  à droite dont la base effleure le bord droit. Vérifiez la position de votre zone de droite et utilisez la correction d’exposition pour la  décaler à nouveau plus ou moins.


AU POST-TRATEMENT

L’histogramme permet un contrôle des réglages de l’exposition, mais également de visualiser la saturation des couleurs. Il mettra en évidence les artefacts (pixels aberrants) dus à un traitement trop important. Plus on effectue de corrections sur une photo, et plus les artefacts sont importants. En pratique il y a une limite à ces réglages. Mais ce sera pour un autre article.


POUR CONCLURE

A la question "Mais c’est quoi cet histogramme", la réponse est la suivante : c’est un outil d’aide immédiat à la correction, c’est à vous d’en faire un bon usage sans lui faire totalement confiance car sa représentation dépendra fortement de la scène photographiée, des éclairages et des différents tonalités (sujet clair sur fond sombre, contre-jour, neige…).

Prenez l’habitude de visualiser votre histogramme après chaque photo, ou après chaque groupe de photos, et vous verrez qu’avec l’habitude, vous saurez rapidement l’interpréter.


 

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