Le pavillon de l'Aunis

Festival de théâtre

Les tréteaux de l'automne

La salle de spectacles de La Tranche-sur-MerChaque année, se déroule au pôle culturel des Floralies, à La Tranche-sur-Mer, le festival de théâtre amateur "Les tréteaux de l'automne". 

Cette année, c'est Yves VIOLLIER qui en a assuré la présidence. Qualifié d'écrivain du terroir, se rattachant à l'école de Brive, il se décrit lui-même comme seulement écrivain populaire car le terme terroir, loin d'être péjoratif, est quelque peu restrictif.

Ce n'est pas moins de 8 pièces qui nous ont été présentées, du 9 au 13 novembre, par Joël Bonnemaison, coorganisateur du Festival. Du Médecin malgré lui, de Molière, à Cocktail amer, de Katell Delamarre, se sont succédé pièces classiques, comédies, monologues, créations collectives, textes gais, étonnants ou émouvants, devant un public attentif et conquis.

La remise des prix, le samedi, a été l'occasion d'écouter le groupe de Jazz West and Blue et sa chanteuse, qui ont ponctué les résultats :  

Prix des meilleurs costumes à Ah non, pas lui ! ; de la mise en scène à Eduquons-les, du meilleur texte inédit à La peau d'Elisa ; du meilleur comédien à Pascal Cogret (le Docteur Moulineaux de Tailleur pour dames). Michèle Tendron et Marion Rousseau, (Suzanne et Blandine de la pièce Compartiment fumeuses) se sont partagé le prix de la meilleure comédienne et la Tulipe d'or a été attribuée au Médecin malgré lui, de la Compagnie des Bouffons de Vallet.

Un grand plaisir pour les spectateurs, mais un défi pour les photographes, qui devaient opérer en basse lumière. 

Joël Bonnemaison bouffons vi Yves VIOLLIER, président du festival 2015

Joël Bonnemaison

La Cie des Bouffons

Yves VIOLLIER

 Photos en basse lumière

A la Tranche-sur-Mer, la salle de spectacle située au Pôle culturel a été conçue à l’origine pour être une salle de spectacle et de concert, les éclairages permanents, verticaux, les "douches", ne sont pas vraiment optimisés pour les pièces de théâtre.

Les acteurs, lorsqu’il se déplacent sur le devant de la scène, ont le visage partiellement dans l’ombre. Outre les spots commandés depuis la régie, il manque des lumières sur l'avant-scène, dirigées de bas en haut, qui les éclaireraient en mettant mieux leurs expressions en valeur. C'est la "rampe"  des théâtres classiques, ce qu'on nomme maintenant la "face". La lumière ambiante n’est donc pas très forte, raison de plus pour s’exercer à la photo en basse lumière.

Voici quelques conseils de l’ATPA destinés à obtenir de bonnes photos même en basse lumière. Les cas étudiés sont des pièces jouées durant le festival de théâtre d'automne de la Tranche-sur-Mer.

La stabilité est primordiale

Le moindre mouvement peut introduire dans vos photos de spectacle un flou de bougé. Il ne sera perceptible qu’en visualisant à 100% les photos sur votre écran. Vous devez donc utiliser une vitesse la plus élevée possible. Mais voilà, utiliser une vitesse d’exposition élevée, c’est difficile en basse lumière. Que faire ?

Annie André dans "la peau d'Elisa Annie André dans "la peau d'Elisa Annie André dans "la peau d'Elisa
Annie André dans "la peau d'elisez

Annie André dans "la peau d'Elisa

 •    Ayez une bonne prise en main de votre boîtier. Vous pouvez reposer vos coudes sur les deux bras du siège. Au moment du déclenchement, pressez doucement le déclencheur. Il faut être un peu souple !
•    Vous pouvez utiliser le monopode. Il y a bien un peu de place entre vous et le dossier de la rangée de devant. Vous pourrez alors vous autoriser une vitesse plus lente.
•    Enfin, si votre objectif est dit « stabilisé », et dans le cas d’un sujet immobile, vous pourrez utiliser également une vitesse plus lente.

Utilisez mieux la lumière

Les basses lumières veulent dire que l’éclairage est faible, mais pas inexistant. C’est le cas à la Tranche-sur-Mer.
Il est souhaitable d’intégrer au maximum les sources de lumière disponibles sur la scène (lampe, spot, lampadaire…). Grâce à la source lumineuse supplémentaire, j’ai pu utiliser une vitesse plus rapide que sans cette intégration.

Le post-traitement

post traitement : réduction du bruit avec DPPSi vous travaillez en RAW, vous pourrez « traiter » vos images après la prise de vue. Vous aurez accès à toutes les informations brutes issues du capteur.
Les logiciels de post-traitement permettent une réduction notable du bruit. Vous pourrez donc utiliser des sensibilités élevées avec votre appareil, le logiciel se chargera de le réduire. Sur l’écran de l’appareil photo, le bruit n’est pas visible. Mais si l’on regarde une photo à 100% sur un écran de PC, on peut voir l’efficacité de la correction.
Lorsque je photographie en basse lumière, je sous-expose souvent mes images pour obtenir une vitesse plus rapide et donc une meilleure netteté. Je corrigerai l’exposition lors du post-traitement. Mieux vaut une photo nette mais un peu sombre qui sera retouchée, qu’une photo parfaitement exposée où le mouvement est flou. Essayez et vous verrez !
Vous pouvez maintenant utiliser des sensibilités élevées au moment de la prise de vue et réaliser des photos de bonne qualité quand il y a peu de lumière.
Les boîtiers modernes restituent des images de très bonne qualité jusqu’à 3200 ISO et optimisable en post-traitement jusqu’à 12.800 ISO. N’hésitez plus, photographiez en basse lumière.

atpa ligne

Erreurs à éviter :

Erreur n°1 : Je n’ai pas préparé mon intervention.

Pour réussir, il va falloir préparer votre matériel (préréglages du boitier) et votre intervention (connaissance des lieux). Il ne s’agit pas de découvrir sur place de quoi il s’agit. Renseignez-vous auparavant :
•    De quelle pièce de théâtre s’agit-il ? est-ce une troupe ou un seul acteur ?
•    Comment se présente la salle de spectacle ?
•    Combien de temps dure la pièce ? combien d’actes ?
•    La lumière est-elle faible ou importante ?
•    Où allez-vous vous placer ?
•    Etc.

Erreur n°2 : La balance des blancs est inutile

Si vous travaillez en RAW, c’est vrai. Vous n’avez pas besoin de régler ce paramètre. Vous passez tout de suite à l’erreur suivante.

Tailler pour Dames Tailler pour Dames 7000K vi Tailler pour Dames 6000K vi
BdB auto 7000 K 6000 K
Tailler pour Dames 5200K vi Tailler pour Dames 4000K vi Tailler pour Dames 3200K vi
5200 K 4000 K 3200 K

Vous travaillez en JPEG (vraiment !). Vous pouvez régler la balance rapidement dans le menu de votre appareil. Voyez ci-dessus quelques photos prises à des températures différentes (automatique, lumière du jour, ombragé, nuageux, tungstène et fluo blanche). Voyez les différences de teintes qui nécessiteraient des corrections en post-traitement. Pour éviter cela, il est judicieux de régler la Balance des blancs ou surtout de travailler en RAW.

Cependant, si l’éclairagiste s’est fait plaisir avec des plusieurs lumières : rouges, bleus... repassez en RAW et retouchez à la maison.

Erreur n°3 : je reste à 100 ISO

La référence d’étalonnage du capteur

Tous les articles traitant de la photo conseillent de rester à 100 ISO ; la référence d’étalonnage du capteur pour ne pas obtenir du grain ? Pas en basse lumière !
Lorsque la sensibilité augmente, le grain (notez que l’on parle de bruit aujourd’hui) va apparaître sur l’image.  Mais cela dépend surtout de votre appareil. Suivant le type de boitier, il apparait à partir de 1200 ISO. Mais d’autres boitiers gèrent remarquablement bien ce bruit. Il n’apparaît que tardivement, vers 6400 ISO voire plus. Il n’y a pas de règle absolue, à vous de tester votre appareil et de voir quel est votre bruit acceptable.

Annie André dans "la peau d'Elisa"
Annie André dans "la peau d'Elisa"
Annie André dans "la peau d'Elisa"
Annie André dans "la peau d'Elisa"

Annie André dans "la peau d'Elisa de Carole Frechette

 Erreur n°4 : J’utilise le flash

Rien n’est plus agaçant que d’être au spectacle, dans l’action et attentif, et d’être perturbé par des flashs. Il faut, de plus, respecter les artistes. Heureusement, Le flash est souvent interdit au théâtre.

Erreur n°5 : Je me place au fond de la salle

musicien viEn vous plaçant au fond de la salle, vous pourriez être gêné par tous les spectateurs placés devant vous. Pour cadrer correctement, vous avez besoin d’un champ libre.

Voyez l'exemple des musiciens que j'ai pris au deuxième rang. La tête d'un spectateur apparaît sur la photo. C'est gênant! Cependant, placé au troisième rang, on est légèrement au dessus de la scène et les prises de vues sont bien dégagées.
De plus, il faudra vous placer au milieu pour mieux cadrer la scène. Votre téléobjectif ne vous aidera pas trop. Car si le cadrage est bon, la vitesse d’exposition devra être en revanche élevée.
Alors, la solution semble apparaitre naturellement : vous placer clairement au plus près de la scène et adopter des objectifs adéquats. Un trans-standard 17-55 mm par exemple. Reste que vous photographierez en contre-plongée. Rien n’est parfait !

Erreur n°6 : Je ne prends qu’une photo

Nous sommes à l’heure de la photographie numérique. Les appareils sont de plus en plus sophistiqués. Rien ne vous empêche d’utiliser le mode rafale pour ne garder que quelques dizaines de photos en bout de ligne.
En mode rafale, vous avez plus de chance d’obtenir le bon geste, la bonne attitude et le bon regard. Mettez toutes les chances de votre côté, enclenchez ce mode !
Il m’arrive de prendre 30 photos pour n’en garder que 4. Et combien de clichés sont pris lors des séances de pose pour les revues ou magazines ? des centaines...

Conclusions

 Avec un peu d'entrainement et les précautions indiquées, il est tout à fait possible de réaliser de belles photos en basse lumière, à vous de jouer !

theatre coquin
 theatre coquin 3
theatre coquin 2
  • Site mis à jour le samedi 29 avril 2017.
Site des photographes tranchais ATPA