BALADE A MARSILLY

LA FERME D'AUTRUCHES DE LAURETTE

Nous étions une douzaine, ce jour-là, sous un très beau soleil, à profiter des explications. Un élevage d’autruches en pays Rochelais, ça existe et Laurette l’a fait ! Allons donc voir ce qu’il en est.

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Nous sommes à Marsilly, 3 bis rue du Coup de vague, (nom immortalisé par Simenon dans son roman éponyme : il place une ferme des années 1930 dans ce lieu qu’il connaît bien pour y avoir vécu quelques années plus tôt quand il occupait le manoir de La Richardière).

Laurette a implanté là une ferme d’autruches : élevage, boutique, dégustation, animations, visites…Nous sommes reçus par Laurette en personne, qui nous confie aux bons soins d’Alice.

Face à la mer, un parc de 5 ha de luzerne, à côté de l’exploitation céréalière familiale, accueille des oiseaux coureurs de 3 continents différents. Ce sont tous des « ratites » : Autruches africaines, bien sûr, mais aussi nandous américains et émeus australiens.

Ces trois espèces sont incapables de voler, l’implantation de leurs ailes n’a aucun rapport avec celle des autres oiseaux.


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Les autruches sont réparties dans divers enclos, suivant leur âge, et leur « situation familiale » : périodes d’accouplement, rivalités de mâles, puis pondeuses, couveuses, ou jeunes à différents stades de développement.

Avec une taille de 1,90 m en moyenne pour les femelles, de 2,80 m pour les mâles, un poids allant de 90 kg en moyenne pour les femelles à 150 kg pour les plus gros mâles, c’est le plus grand des oiseaux de nos époques… Il figure sur la liste d'espèces menacées de disparition, selon l’UICN.

C’est aussi le plus rapide des oiseaux terrestres. L’autruche se déplace en marchant ou en courant. Grâce à ses très longues pattes musclées comportant deux doigts à chaque patte, et à ses genoux flexibles et souples, elle est très rapide et endurante. Dans la nature, elle peut courir à la vitesse de 40 km/h pendant une demi-heure et atteindre lors d'un sprint une vitesse moyenne de plus de 70 km/h !

Elles sont amusantes à voir : calmes un moment, elles peuvent sembler, par moments, prises de folie : elles se mettent alors à courir, une d’abord, puis toutes celles du même enclos, ou, aussi soudainement, se mettre à tourner en rond en battant des ailes, comme des ballerines ivres. Heureusement, leurs parcs sont très longs, et elles se calment aussi vite.

Et là, Alice nous révèle un des secrets de l’autruche : son cerveau a la taille d’un petit pois, il est plus petit que son œil, qui remplit presque toute la tête. Mais les longs cils qui le bordent sont attendrissants !

Ce qui fait que, d’un moment à l’autre, elle oublie tout. Elle ne reconnaît pas ses soigneurs et il est très difficile, même pour eux, de l’approcher sans moult précautions (à plusieurs, avec des bâtons de protection, par exemple). Le bruit d’un motoculteur la paniquera 5 fois par jour !

D’ailleurs les grillages sont en plus isolés par des cordes, qui éviteraient des ennuis pour les visiteurs trop curieux : son bec, emmanché d’un très long cou, est attiré par tout ce qui brille, appareils photos compris, et gare aux chapardages…

Elle pourrait les avaler, comme tout ce qui bouge, cailloux compris. Dans la ferme, il y a un tableau qui montre tout ce qu’on a trouvé dans un estomac d’autruche, c’est impressionnant.

En tout cas, elles sont très curieuses et nous suivent le long des grillages, nous permettant de bien les admirer. Adultes, leur tête et cou sont dénudés, le plumage du corps est magnifique. Celui des mâles est noir avec l’extrémité des ailes blanches tandis que celui de la femelle est brun terne. Alice nous explique que, dans la nature, la femelle couve de jour, et le mâle de nuit : chaque plumage correspond alors au meilleur camouflage possible…

Ici, les œufs sont mis en couveuse, à cause du climat européen, mais on leur offre de temps en temps un « œuf leurre » à couver pour leur équilibre.


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Quelques portraits de nos amies les autruches

Plus loin, on voit des enclos de nandous et d’émeus, pour faire la différence. Puis, le temps de finir les photos, on visite le reste de la ferme, qui est conçu de façon pédagogique. Chevaux, ânes, chevreaux, moutons, cochons, basse cour avec poules et lapins, de quoi ravir petits en grands.

Il y a même, nouvellement arrivé, un lama, qui a d’ailleurs été baptisé à la suite d’un concours. Elle nous doit son nom de « lamaline », proposé par Annick, Lulu, Lydie et mis dans l’urne par Alain. Nos amis y ont gagné un panier de produits que nous verrons lors d’une prochaine réunion.

Retour à la ferme, qui offre de nombreux produits à base de viande d’autruche (hé oui, c’est aussi un élevage), d’œufs décorés, de plumes, de maroquinerie. Laurette offre aussi de nombreux produits de producteurs environnants, gâteaux, charcuteries, vins ou apéritifs charentais… de quoi nous faire attendre tranquillement le délicieux repas qu’elle nous a concocté, car elle fait aussi des repas sur réservation. 


L'EGLISE SAINT-PIERRE DE MARSILLY

Nous arrivons devant l’impressionnant clocher porche, qui dresse ses 23 m de hauteur devant nous, qui témoigne de son ancienneté.

Notre guide nous apprend que l'église a d’abord appartenu à un prieuré qui dépendait de l'abbaye de Saint-Michel-en-l'Herm, probablement vers le XI° siècle. La première mention de l’édifice date de 1223, mais la guerre de Cent Ans l’a détruite en 1246.

Ensuite, l’édifice est reconstruit et fortifié entre 1360 et et 1420. Le clocher, qui a l'aspect d'un véritable donjon, formait le lien avec l'ensemble des fortifications par un escalier qui le reliait à une échauguette, au départ du chemin de ronde.

Après 1450, il a été surmonté d’une flèche qui servait d’amer.

Le clocher et une partie du pignon de façade sont les seuls vestiges de ce grand édifice gothique qui a, ensuite, subi d'importantes destructions pendant les guerres de religion.

La nef a été reconstruite en 1608, puis modifiée dans le courant du XIX° siècle.


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Nous allons ensuite grimper au clocher, par un escalier étroit, en colimaçon.

La tradition locale attribue le nom de salle des Pèlerins à l'étage voûté du clocher, ce qui semble se justifier par certains graffiti, qui datent du XIIe siècle, et ont été réalisés lors de la construction du clocher.

Une scène intéressante présente deux forteresses et deux armées qui s'affrontent, et d’autres montrent des personnages comme des rois et des cavaliers, des animaux comme des paons, ou encore des objets comme des nefs évoquant les pèlerinages vers Saint-Jacques-de-Compostelle où les pèlerins embarquaient à Blaye en Gironde, près de la Haute Saintonge.

Le clocher a été classé monument historique le 27 août 1907.

Du sommet, la vue est splendide. De chaque côté, une table d’orientation permet de reconnaître les paysages, de l’ïle de Ré aux côtes de Vendée, en passant par la Rochelle et l’Anse de l’Aiguillon…

En redescendant dans la nef, nous admirons quelques ex-voto, de beaux navires pendus sous la voute.

Puis nous allons voir les musées, dans l’ancien presbytère.

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Enfin, visite du musée des appareils photographiques anciens, avec projection ; du four à sel gaulois, trouvé à Esnandes ; et du musée des graffiti anciens, trouvés en Charente-Maritime, entre le XVe et le XXe siècle.


LE MUSEE DES GRAFFITIS ANCIENS

Ce petit musée local propose à la visite des graffiti originaux, des moulages et des copies des graffiti de l'église Saint-Pierre et celles d'autres lieux de la région tant religieux que laïcs.

Ils traitent de sujets très divers, comme la vie, la mort, la religion, le pouvoir…

De nombreux animaux, le blason de la famille du cardinal de Richelieu, des considérations personnelles, des messages commémoratifs, des plans de bâtiments ou de navires, des massages de prisonniers, tous témoignages de la vie de la région.

Le conservateur nous explique les diverses techniques de reproduction, il n’est pas facile de faire la différence, tellement le travail est soigné !

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Les visiteurs du musée des graffiti anciens à Marsilly

A côté, une salle particulière est consacrée à l'histoire de l'appareil photo et de la caméra depuis ses origines jusqu'aux années 80. Elle est gérée indépendamment du musée par une association locale de passionnés. Elle regroupe environ 200 appareils différents, couvrant tout le XX° siècle.

Dans l’entrée, un four à sel gaulois, trouvé sur le rivage d’Esnandes, qui date de 150 à, 50 av JC prouve l’ancienneté de la méthode.

Ont participé à l'article au travers de leurs photos, Marie-France, Michel et Michel.

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